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Un Musée à Montmartre

Un Musée à Montmartre

De toutes Les Croqueuses, seule Anne – la plus provinciale d’entre nous, n’ayant jamais habité à Paris – était déjà venue au Musée de Montmartre. L’erreur fut réparée en septembre, avec bonheur. Renoir, Bernard, Dufy, Camoin, Valadon, Utrillo… tous ont séjourné ou vécu ici. Et y ont travaillé. En matière de beaux lieux, les artistes se trompent rarement !

LES JARDINS

Oui, on peut employer le pluriel, car l’espace extérieur du musée se partage en plusieurs lieux distincts. Depuis la rue Cortot, on ne devine pas que tout ce vert est caché derrière la façade. Ces jardins sont reliés entre eux par différents passages – longue allée couverte de roses et de coings, portes ouvertes dans de vieux murs ou volées d’escaliers plongeant dans la verdure. Le plus vaste accueille, autour des nénuphars, les tables du Café Renoir. C’est là, dans ce jardin, qu’a été peint La balançoire. Plus bas, la vue embrasse généreusement le quartier, les vignes du Clos Montmartre et le Lapin Agile. On aperçoit le cimetière Saint-Vincent – où sont enterrés les peintres Utrillo et Boudin, les affichistes Steinlen et Chéret, les écrivains Roland Dorgelès et Marcel Aymé, ainsi que Marcel Carné.

Il fait si bon dehors, deux des Croqueuses s’y installent pour dessiner. Anne croque la façade arrière du musée ; Fabienne, l’atelier de Suzanne vu depuis la terrasse du café. Véronique poursuit la visite…

LE MUSÉE

C’est la Société d’Histoire et d’Archéologie Le Vieux Montmartre, créée en 1886, qui peu à peu a constitué un fonds d’œuvres très important – peintures, sculptures, affiches, dessins, lithographies, photographies… L’ensemble raconte, de manière assez vivante, l’histoire de ce quartier emblématique. Populaire, créatif, révolté. En un mot, bouillonnant !

L’évocation des danseuses de cancan et celle du café, avec son superbe zinc, sont particulièrement réussies. Celle du cabaret Le Chat Noir aussi. On y découvre une pure merveille : douze décors du fameux théâtre d’ombres d’Henri Rivière – dont Véronique est une grande admiratrice. Créé en 1960, le musée fut repensé en 2011 sous la houlette de la société Kleber-Rossillon, globalement plus spécialisée dans les parcs et les châteaux médiévaux. Le résultat est vraiment séduisant, sans tape-à-l’œil attrape-touristes. Pardon, mais… à Montmartre, tout Parisien se méfie !

CHEZ SUZANNE ET MAURICE

La reconstitution de l’atelier-appartement que Suzanne Valadon partageait avec son fils, Maurice Utrillo, est à ce titre exemplaire. Confiée à Hubert Le Gall, elle nous emmène doucement dans une autre époque. Dans une intimité simplement évoquée. Dès l’entrée, les Croqueuses avançaient sur la pointe des pieds comme si Suzanne, remontant soudain l’escalier, allait nous surprendre chez elle. Après avoir (un peu) hésité avec le beau zinc du musée, Véronique choisira de dessiner l’atelier. Pour l’espace, pour la lumière… et surtout l’émotion.

Y serez-vous sensibles, vous aussi ? Venez, si vous le pouvez, un matin de semaine et prenez le temps d’y flâner. Le portable éteint au fond du sac, laissez-vous séduire par l’atmosphère, si particulière, du Montmartre de 1900. Petit conseil de Croqueuses : en Métro, prenez la ligne 12 et descendez à Lamarck-Caulaincourt. Vous éviterez le plus gros des troupes de touristes et profiterez de jolies rues, moins fréquentées qu’autour de la place du Tertre. (De rien !)

{ Infos Pratiques }

Le Musée de Montmartre est au n°12 de la rue Cortot, Paris 18ème. Métro Lamarck-Caulaincourt ou Anvers (puis funiculaire de Montmartre). Il est ou­vert tous les jours de 10h à 19h d’avril à septembre et de 10h à 18h d’octobre à mars.

Le Café Renoir, lui, vous accueille du mercredi au dimanche de 12h15 à 17h d’octobre à avril. Mais à partir du 1er mai, il est ouvert tous les jours de 12h15 à 18h.

À Paris comme à Mexico

À Paris comme à Mexico

Ce midi, Les Croqueuses vous emmènent au Mexique ! Pas le temps ? Pas les sous ? Mais si ! Nous n’irons pas plus loin que la rue Dante, dans le 5ème arrondissement et Mexi & Co fait partie des « petites tables » à 10,00 € – dépaysement compris. Vous allez adorer !

Une fois n’est pas coutume, l’article sera court. Les images parlent d’elles-mêmes, non ? Couleurs vives et chatoyantes, fresques naïves signées Julian Burgos, guirlandes, guitare et paniers pendus au plafond, fleurs fraîches et vaisselle de récup’, quesadilla et burritos, épicerie et restaurant… Voilà, c’est ça, Mexi & Co !

Carmen se démène en cuisine – tout est fait maison ici, même les chips de maïs – et sert aussi vite qu’elle le peut, sans se prendre la tête. Depuis le temps, pas la peine de se mettre la rate au court-bouillon ! Ce restaurant a fait ses preuves et fêtera ses 30 ans l’an prochain. C’est une belle aventure qui dure. Avec le même propriétaire colombien et une autre enseigne, quasi jumelle, à quelques pas : El Sol y la Luna. Tranquille, quoi. D’ailleurs, quand le coup de feu est passé, Carmen se pose un peu. Elle remonte le volume de la musique (assortie au décor) et nous laisse carte blanche pour dessiner… jusqu’au soir si on veut. ¡ Gracias y viva Mexi & Co !

{ Infos Pratiques }

Le Mexi & Co est au n°10 de la rue Dante, Paris 5ème. Métro Saint-Michel ou Cluny-La Sorbonne. Il est ouvert tous les jours de 12h00 à 23h00.

♪♫ Si par hasard… ♫♪

♪♫ Si par hasard… ♫♪

Quel meilleur point de vue sur le Pont Neuf que depuis son joli voisin, celui des Arts ? Un pont d’autant plus agréable qu’il est piéton. Oh ! Mais alors, il s’agit plutôt d’une voisine : une « passerelle » précisément. Saviez-vous que celle-ci ne date que de 1984 ? Certes, ses architectes ont repris le plan de la précédente, construite en 1803, mais en réduisant le nombre des arches et usant de matériaux différents. Adieu la pierre, adieu le fer… et vive le béton et l’acier !

UNE VIE DE PONT

Il faut dire qu’à Paris, la vie d’un pont n’est pas de tout repos. Si la première passerelle des Arts a été démolie, c’est qu’elle avait été dangereusement fragilisée. D’abord par les bombardements des Première et Seconde Guerres mondiales. Puis par trois collisions de bateaux, entre 1961 et 1979. Pourtant, bien que le contexte ait évolué vers une ambiance générale plus sereine, le nouveau Pont des Arts n’en a pas moins risqué d’autres dommages…

En 2008, l’idée vient en effet aux amoureux du monde entier – on sait comment ! – de sceller leur union en accrochant un cadenas aux grilles du pont, avant de lancer la clé dans les eaux du fleuve. (Oh là là, quel romantisme !) Cette pratique a duré plusieurs années sans qu’on s’en soucie, mais quand l’un des grillages a cédé sous le poids de « l’amour » il a fallu trouver une solution. C’est ainsi qu’un nouveau matériau a fait son entrée sur le pont : le verre.

TOUJOURS DESSUS !

Bon, de toutes façons, pour Les Croqueuses, le matériau idéal restera toujours le papier ! Donc, en ce début d’après-midi chaud et ensoleillé, nous nous installons face au Pont Neuf et ouvrons nos carnets. Pour une fois, nous avons décidé de venir sans notre caméra. Il faut dire qu’après deux jours de No Mad Festival – génial mais intense – nous avons besoin d’une sortie tranquille, juste pour profiter du plaisir d’être ensemble dans « la plus belle ville du monde » et de la dessiner. Mais ça… c’était avant de croiser Klaus, le serial YouTubeur du Pont des Arts, qui fera de nous ses vedettes d’un jour !

Car nous ne le savions pas mais depuis des années, Claude vient quotidiennement sur ce pont et filme ce qui s’y passe d’intéressant, de drôle ou d’étonnant. Peintres, musiciens, sportifs, amoureux, passants, touristes et farceurs de tout poil… c’est simple, en vous baladant sur sa chaîne, vous croiserez le monde entier. Aucun doute, ce retraité bien facétieux fait partie, comme nous, de la G.C.C.G. – la Grande Confrérie des Curieux Généreux, ceux qui sont à l’affût des petits bonheurs de la vi(ll)e et aiment à les partager gratuitement autour d’eux ! (Merci !)

LE PONT DES SOURIRES

Ce jour-là d’ailleurs, Les Croqueuses ont eu droit à une double dose de rencontres. Car après le passage de Claude, nous ferons la connaissance d’un jeune carnettiste en herbe : Andrew, 8 ans, venu des États-Unis découvrir Paris avec ses parents. Nous voyant dessiner, il a ouvert son sac, sorti son bloc et s’est mis au travail. Une fois son dessin terminé, il a très gentiment accepté de poser pour nous – un joli « sourire du lundi » ! – et beaucoup apprécié notre badge en retour. Bye, Andrew! Have a nice stay in Paris!

Et puis… longue vie au Pont des Arts, qui rime avec hasard et porte bien son nom !

À Paris comme à Tokyo

À Paris comme à Tokyo

Vous rêvez d’un voyage au Japon… mais vous n’avez pas les sous pour le billet d’avion ? Ou bien vous y avez vécu et la nostalgie vous tombe dessus, de temps en temps ? Pas de souci. Une fois de plus, Les Croqueuses ont la solution : rendez-vous chez Kodawari Ramen, dans le 6ème arrondissement !

C’EST BEAU / それは美しいです!

Pour ne rien vous cacher, c’est sur Instagram que nous les avons repérés. L’endroit est si photogénique ! (Tellement que nous avions presque peur d’être déçues.) Pourtant, bien qu’averties, nous sommes cueillies par l’ambiance dès l’entrée. En japonais paraît-il, kodawari signifie « qui a le souci du détail ». Si c’est exact, le nom fait sens. Vraiment. Car ici, tout est raccord. Visuel, sonore même, le décor vous attrape et vous embarque, direct, dans son histoire. Le plus fort, c’est que chaque nouveau convive – nous, vous bientôt ! – y tient un rôle : celui du gourmet en vadrouille, qui se faufile dans les ruelles de Tokyo, la nuit tombée, en quête de la meilleure soupe de nouilles. Et, à l’étage, un intérieur d’auberge traditionnelle vous propose encore une autre atmosphère…

C’EST BON / それは良いです!

Le risque, évidemment, avec ce genre de lieu où tout a été tellement bien pensé pour les yeux, c’est que la bouche, elle, soit en reste. Il n’en est rien. Les trois Croqueuses présentes ont choisi des ramens différents : classique, léger ou de saison… tous ont fait l’objet de superlatifs. Véronique, en particulier, qui aime la cuisine « relevée », a beaucoup apprécié la toute nouvelle recette de ramen végétarien au curry vert, à la fois subtile et puissante. Anne a découvert avec délice les œufs marinés au soja. Et Aurélie a craqué sur le bouillon, vraiment très savoureux.

Vous l’aurez compris, du contenu de l’assiette à l’ambiance autour, Jean-Baptiste et Fleur Meusnier n’ont rien laissé au hasard. Ils en sont, aujourd’hui, fort justement récompensés – par des Palmes, et surtout une affluence record ! Nous avons eu la bonne idée, ce jour-là, de traîner dans les rues avant pour nous présenter en toute fin de service. Ensuite, nous nous sommes faites toutes petites, passant des baguettes aux crayons sans trop gêner le ménage et la mise en place du soir… Merci Kodawari ! 我々は戻ってくる!(« Nous reviendrons ! ») 

{ Infos Pratiques }

Le Kodawari Ramen est au n°29 de la rue Mazarine, Paris 6ème. Métro Mabillon ou Odéon. Il est ouvert tous les jours de 12h00 à 14h30 puis de 18h30 à 22h30 – 23h00 les vendredis et samedis.

Une Plage à Paris

Une Plage à Paris

En ce mois d’août caniculaire, tous les Parisiens qui le peuvent ont déserté la capitale. Fidèles à notre promesse, nous avions lancé – comme l’an dernier – une invitation publique à venir « croquer » avec nous… mais cette fois personne n’est là. D’ailleurs, deux des Croqueuses elles-mêmes manquent à l’appel – un comble ! Nos messageries sont inondées de petits mots d’excuses… « Trop dommage ! » « La prochaine fois, j’espère ! » Bref, le jour J, Anne et Véronique sont donc allées au rendez-vous sans grand espoir.

Pourtant, dès la sortie du Métro Pont-Marie, devant les bouquinistes et leur drôle de jardin, voilà qu’une jeune femme souriante nous aborde. « Est-ce que vous êtes Les Croqueuses de Paris ? » Elle se présente : Béatrice, de retour après trois années passées à New-York et spécialisée dans l’événementiel culturel. Pour elle, ce rendez-vous est l’occasion de se replonger dans le bain et de tisser de nouveaux liens tout en reprenant le dessin… Alors, c’est parti ! Nous descendons sur le quai et sortons nos carnets.

Face aux deux îles – Saint-Louis et de la Cité, quel panorama ! – la plage est tranquille. Nous choisissons de nous installer sous de grands parasols. De jolies tables colorées nous y attendent, qui sont aussi des plateaux d’échecs, de dames, de petits chevaux, de jeu de l’oie… Les animateurs nous laisserons les squatter sans problème jusqu’à l’arrivée d’un groupe d’enfants venus jouer dessus. Ce sera simplement le signe qu’il est l’heure de poser nos crayons pour aller prendre un verre à la terrasse des Nautes !

Le rendez-vous Crocœurs 2018 aura été différent du premier. Plus confidentiel, plus intime, avec du temps pour bavarder art et voyages, il nous aura permis de découvrir le beau projet de Béatrice : Paint Away Tours, sa toute jeune entreprise, à suivre absolument… Bon vent à elle !

Un Café AAAAA !

Un Café AAAAA !

Tout près de la Gare de l’Est, se cache un grand café Avec terrasse – Assurément l’une des plus Agréables de la capitale ! Pas de façade sur la rue, pas d’enseigne non plus… il ne se découvre qu’aux Audacieux, les Aventuriers du bitume, osant Allègrement franchir les grilles de cet Ancien couvent : Les Récollets. Aujourd’hui Centre d’Art, lieu de résidences et d’expositions, il abrite également la Maison de l’Architecture.

Mais, revenons À cette superbe terrasse. De mi-juin à mi-septembre, investie par le Plazza Havana Club, elle se donne des Airs de ruelles cubaines. Soirées, concerts… l’Animation bat son plein tout l’été. Dans la journée, c’est plus tranquille. Anne, la Croqueuse qui arrive par la gare de l’Est, connaît bien cet endroit. Chaque fois qu’elle est un peu en Avance, elle vient y Attendre son train À l’Abri de l’Agitation parisienne. Elle A gentiment Accepté de partager ce petit secret Avec nous.

Alors, oui ! Ce Café A, Aux couleurs de Cuba, est un lieu idéal À croquer Au crayon… mais, côté fourchette, il se défend Aussi très bien ! Sur cette carte, Anne et Véronique ont testé la joue de veau braisée À la tomate et le Poke Bowl de saumon cru : deux Assiettes Absolument savoureuses. « Et en dessert ? » Le sourire de Lucie, serveuse Adorable et Apprentie Artiste, que nos deux Croqueuses Attraperont pour Agrandir leur jolie collection – un sourire AAAAA, lui aussi ! 😉

{ Infos Pratiques }

Le Café A est au n°148 de la rue du Faubourg Saint-Martin, Paris 10ème. Métro Gare de l’Est. Il est ouvert tous les jours de 10h00 à 02h00.

De retour du No Mad Festival !

De retour du No Mad Festival !

Il y a un mois, Les Croqueuses étaient invitées au No Mad Festival et tenaient stand sur les quais de Pontoise. C’est à cette occasion qu’Anne et Aurélie ont animé un atelier « carnet de voyage » à bord de l’Eva-Na. Nous avons publié la vidéo de ce moment magique… mais pas encore parlé du festival dans son ensemble.

S’il fallait le résumer d’un seul mot, nous dirions « réussite » ! Car vous avez été nombreux à venir nous voir, nous parler, feuilleter nos carnets, curieux de ce que nous faisons. Votre enthousiasme nous conduit même à repenser certaines choses : nous n’avions jamais envisagé de vous proposer des stages, mais la demande récurrente et le succès de celui du dimanche – une idée de l’Office de Tourisme de Cergy-Pontoise – pourrait bien nous faire changer d’avis. Qu’en pensez-vous ?

Plus largement, le No Mad Festival fut une belle réussite par son programme riche et intelligent – ce qui veut dire très frustrant pour les exposants, qui ne peuvent en profiter vraiment !

Néanmoins, deux choses nous ont principalement marquées. D’abord, l’ambiance générale très bon enfant, festive et estivale, avec de belles soirées qui se terminent en bal. Ensuite – et c’est normal pour des Croqueuses – la découverte de la cuisine tibétaine, absolument délicieuse ! Quelle bonne idée, d’avoir confié le dîner des invités à l’association La Pierre Blanche, qui aide (entre autres) les réfugiés ! Modestes et pourtant pleins de talents, nos hôtes nous ont régalé les papilles, les pupilles… et même les oreilles, par des chants traditionnels offerts avec le cœur. Merci à eux, et merci à toute l’équipe du Festival, pour son accueil, sa confiance et son efficacité !

RADIO-CROQUEUSES !