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Paris, c’est chou !

Paris, c’est chou !

Au sortir de la librairie, trop heureuses d’avoir obtenu l’oblitération suprême à l’effigie de ce dear William, Les Croqueuses take a French leave par la rue Saint-Julien du Pauvre, le long du square Viviani. Là, nous allons saluer une vieille branche : le doyen des arbres parisiens ! Il s’agit d’une essence venue d’Amérique, plantée en 1601 par le botaniste du roi, un certain Jean Robin – d’où son nom, robinier ou « faux acacia ».

Mais ce n’est qu’une étape. Car le gang de gourmandes que nous sommes a une idée derrière la tête… Et si nous allions fêter notre petite victoire shakespearienne à coup de choux à la crème ? Ça tombe plutôt bien puisque les meilleurs de Paris, paraît-il, se trouvent juste là. Sous notre nez. Dans leur écrin noir et blanc à liseré doré.

Quatre petits choux plus tard, alors qu’il est l’heure de nous séparer, nous décidons qu’Odette mérite plus et mieux qu’une petite pause – même victorieuse – de fin d’après-midi. C’est promis, nous reviendrons bientôt la croquer toute entière !

Paris or not Paris?

Paris or not Paris?

Paris of course! Et en plein cœur, même. Rive gauche, à quelques pas du Point Zéro. Nous y allons pour croquer une légende. L’un des endroits les plus famous de notre favorite city, dans le all world of the littérature anglophone : la librairie Shakespeare & Company ! (Décidément… nous croisons l’Angleterre partout aujourd’hui !)

Mais tout d’abord, on se restaure. Car la légende s’est agrandie d’un café sympathique, avec terrasse au soleil et baie vitrée sur Notre-Dame. Au passage, il est amusant de réaliser que Shakespeare (1564-1616) n’a sans doute jamais bu le moindre petit noir, cette boisson étant arrivée en Angleterre plus de 30 ans après sa mort. Quant aux menus sans gluten… 😉 En revanche, s’il était venu à Paris, le dramaturge anglais aurait pu lui aussi admirer Notre-Dame, dont la construction était achevée depuis plusieurs siècles (1345).

Quelques détails composeront pour nous ce patchwork d’impressions marquantes : poignées de porte en clin d’œil au Point Zéro, cathédrale en miroir sur visages de passage, personnel mettant un point d’honneur à ne pas parler un mot de français, tableaux noirs couverts de lignes d’écriture (in English of course) à la craie, vaisselle à fleurs et liserés dorés joliment dépareillée, questionnaire de Proust imprimé (in English of course) sur sets de table en papier kraft, pie et cake délicieux, prénoms lancés sur la terrasse quand le plat commandé arrive, tables en partage d’étudiants et touristes de toutes nationalités…

Mais, assez croqué… Croquons, maintenant ! Fabienne et Véronique choisissent de rester dehors. La première a tout de suite repéré la fontaine Wallace qui trône sur la petite place. Sa journée, commencée avec celle du Marché aux Fleurs, sera donc thématique – pas le choix ! La seconde s’attaque à la vue d’ensemble, assez riche, qui s’organise autour du cerisier. À droite, les façades à l’ancienne de la librairie. À gauche, la verdure du square Viviani. Vélo et réverbère devant. Pierre de taille et balcons haussmanniens derrière. Le décor est planté : y a plus qu’à ! Les deux autres Croqueuses, quant à elles, poussent la porte et se glissent dans la librairie…

Nous les retrouverons plus tard, à installées à l’étage. Blottie dans un semblant d’alcôve, calée sur un coin de banquette, bercées comme le chat de la maison par un visiteur assis au piano, elles habitent le décor telles des tumbleweeds à crayons. (Difficile de traduire ce terme en français, mais une recherche d’images est parlante.) C’est ainsi que George Whitman – l’un des fondateurs de cette institution littéraire – nommait les passionnés de passage qu’il hébergeait contre quelques heures de travail et, surtout, à la condition qu’ils lisent un livre par jour et lui écrivent une autobiographie d’une seule page. Depuis, les treize lits plus ou moins cachés parmi les étagères ont accueilli, dit-on, plus de 30 000 tumbleweeds. Et ce n’est pas fini : @mis lecteurs en vadrouille, n’hésitez pas à postuler !

Les Croqueuses de Paris ont aimé la belle devise de l’endroit, calligraphiée à même le mur, au-dessus d’une porte… Be not inhospitable to strangers, lest they be angels in disguise. (« Ne soyez pas inhospitalier avec les étrangers, ils pourraient être des anges déguisés »). Sans doute celle-ci nous a-t-elle aidé à transformer un premier refus – we don’t stamp drawings, only the books, it’s a tradition – en un accord chaleureux – your sketches are so beautiful!

– Thank you Shakespeare!

– You are welcome!

Un thé à la Mosquée

Un thé à la Mosquée

Tout près du Jardin des Plantes, rue Geoffroy-Saint-Hilaire, se trouve l’un des salons de thé les plus courus de Paris : celui de la Grande Mosquée. Le premier espace extérieur, toujours découvert, est à notre avis le plus agréable. D’ailleurs, il est plein ! Le second, à l’abri sous un ciel de bâches claires, devient vite intenable quand la température monte – peut-être la découvre-t-on l’été ? – mais l’hiver, c’est un vrai bonheur.

Avant même de goûter au thé à la menthe et aux pâtisseries, le décor nous transporte au Maghreb. Les murs couverts de faïences, la fontaine – où les moineaux du quartier font des concours d’ablutions fort démonstratives – et la végétation méditerranéenne, tout est motif à sortir son carnet, tout est à dessiner ! (Même le carrelage des toilettes !)

Les doigts couverts de sucre, nous promettons de revenir y croquer un peu plus que ces délicieuses cornes de gazelle…

Paris, c’est un Labyrinthe !

Paris, c’est un Labyrinthe !

Dans la partie la plus à l’Ouest du Jardin des Plantes, sur la butte Coypeau bordant la rue Geoffroy-Saint-Hilaire, se cache un modeste labyrinthe – aucun risque de se perdre ! – en forme d’escargot. En son centre, c’est-à-dire au sommet de cette petite colline, se dresse la Gloriette de Buffon, conçue en 1786 par l’architecte Edmé Verniquet, plus d’un siècle avant la Tour Eiffel. C’est, semble-t-il, le plus ancien édifice métallique de France.

Mais, si le Belvédère Verniquet domine un peu la végétation qui l’entoure, on est loin d’y trouver une vue panoramique sur Paris. Son charme est pourtant bien réel. Parce que les enfants s’y faufilent par des tunnels de buis interdits aux adultes. Parce que les immeubles d’en face y émergent à peine d’un nuage de verdure. Parce que les couples de touristes s’y reposent un peu, après la visite du jardin. Et qu’on y entend toutes les langues, même celle des oiseaux.

Nous, Les Croqueuses, faisons parler nos crayons…

Paris, c’est la Jungle !

Paris, c’est la Jungle !

Après avoir croqué les cactées en pleine lumière, c’est avec plaisir que nous trouvons refuge dans la grotte du « Jardin d’Hiver » ! Celle-ci nous offre un abri bienvenu à l’ombre, en même temps qu’une vue imprenable sur la plus belle forêt tropicale de la capitale…

À Paris, il y a des Cactus… ♫

À Paris, il y a des Cactus… ♫

Oui, comme dans la chanson de Dutronc ! Et nous, Les Croqueuses, nous nous piquons de le savoir… et d’aller voir où ils se cachent pour les dessiner ensemble : rendez-vous devant les Grandes Serres du Jardin des Plantes.

Dès l’entrée, l’ambiance tropicale nous enveloppe de sa douceur humide et verte. Ficus, palmiers, bananiers… Nous traversons ce généreux « Jardin d’Hiver » pour gagner la galerie des « déserts et milieux arides », plus sèche et plus lumineuse. Exposée plein Sud et vitrée sur toute sa longueur, mieux vaut s’y rendre tôt dans la matinée !

De splendides cactus originaires d’Amérique, tous plus graphiques les uns que les autres, nous attendent au soleil, brûlant sans doute de poser pour nous…